À retenir
- Le problème existait avant 2018. Les enquêtes nationales et les études cliniques avaient déjà mis en évidence l’addiction aux jeux d’argent au Brésil.
- Tous les chiffres ne mesurent pas la même chose. Le nombre de publications, les effectifs des études, le nombre de consultations et la prévalence sont des indicateurs distincts. Il faut donc interpréter ces données séparément.
- La régulation permet d’imposer des protections. Limites de jeu, auto-exclusion, information et interventions doivent fonctionner dans les faits.
- Les résultats doivent améliorer la vie des personnes. Réduire les dommages, protéger les mineurs et faciliter l’accès aux soins sont des critères pour évaluer toute politique.
Pourquoi débattre de l’interdiction des paris au Brésil ?
L’interdiction des paris a remis une question au cœur du débat au Brésil : comment protéger les personnes des dommages liés au jeu ? L’addiction peut fragiliser le budget familial, les relations et la santé. Les personnes concernées et leurs proches ont besoin de soins et de politiques qui fonctionnent.
Pourtant, l’addiction aux jeux d’argent était documentée au Brésil bien avant la légalisation des paris sportifs. On retrouve ce problème dans différentes formes de jeu, légales comme illégales. Il me semble aussi important d’étudier dans quelle mesure une plus grande visibilité et une meilleure reconnaissance de l’addiction influencent la perception actuelle du problème.
Je défends une régulation exigeante qui impose aux entreprises de protéger leurs utilisateurs, permet de suivre les comportements à risque et engage la responsabilité des opérateurs. Pour expliquer cette position, j’examinerai les moyens de protection prévus, mais aussi leurs limites.
Qu’est-ce qui a changé avec l’interdiction des paris au Brésil ?
Le 25 septembre 2026, la mesure provisoire 1.394 (Medida Provisória) a interdit l’exploitation, l’offre, l’intermédiation et la publicité des paris à cote fixe au Brésil. L’interdiction couvre les paris sportifs et les événements virtuels proposés dans les jeux en ligne, y compris les offres d’opérateurs étrangers destinées aux personnes qui se trouvent au Brésil. Les autres formes de loterie autorisées par la loi sont maintenues.
La mesure est en vigueur, mais doit être approuvée par la Chambre des députés et le Sénat pour devenir une loi.
Pour comprendre ce changement, il faut distinguer quatre étapes. Adopter une loi qui autorise une activité et ouvrir un marché soumis à des autorisations et à des contrôles sont deux choses différentes.
2018 · Légalisation des paris sportifs à cote fixe. La loi 13.756 du 12 décembre a créé cette catégorie de paris. C’est le point de référence utilisé pour comparer les publications plus loin dans cet article.
2023 · Précision du cadre réglementaire. La loi 14.790 du 29 décembre a fixé les règles d’exploitation des paris à cote fixe et des jeux en ligne couverts par ce cadre.
2025 · Entrée en application du régime fédéral d’autorisations. Le marché a commencé à fonctionner sous ce régime le 1er janvier.
2026 · Interdiction des paris à cote fixe. La mesure provisoire de septembre a changé la politique appliquée à cette catégorie de paris.
Cette chronologie compte pour analyser les dommages. Un entretien réalisé en 2023 est postérieur à la légalisation de 2018, mais antérieur au régime fédéral d’autorisations entré en application en 2025. Ses résultats ne mesurent donc pas les effets de ce dernier régime.
L’interdiction est encore récente. Pour en connaître les effets sur l’addiction, il faudra suivre l’évolution des problèmes de jeu dans la population et de l’accès aux soins au fil du temps.
L’addiction aux jeux d’argent existait avant la légalisation
Les jeux d’argent ne sont pas nouveaux. L’addiction non plus.
Qu’est-ce que l’addiction aux jeux d’argent ?
Le ministère brésilien de la Santé définit l’addiction aux jeux d’argent comme une difficulté à contrôler l’envie de jouer malgré ses conséquences financières, familiales, professionnelles et émotionnelles. Ce sont ces conséquences qui en font un problème de santé.
Jouer, présenter des signes de risque et remplir les critères d’un trouble sont des situations différentes. Une étude peut mesurer chacune d’elles. Un pourcentage élevé de personnes à risque ne correspond donc pas à un pourcentage élevé de personnes chez qui une addiction a été diagnostiquée.
Qu’avaient déjà montré les études au Brésil ?
Une enquête nationale a interrogé 3 007 personnes âgées de 14 ans ou plus entre novembre 2005 et avril 2006. Publiée en 2010, l’étude a estimé à 1,0 % la prévalence du jeu pathologique au cours de la vie et à 1,3 % celle du jeu problématique, considéré comme une catégorie distincte. Les critères reposaient sur le DSM-IV, le manuel de classification des troubles mentaux utilisé à l’époque.
Il existe aussi des données cliniques. Une étude de Medeiros et de ses collègues a analysé les données de 897 patients qui avaient sollicité une prise en charge à São Paulo, recrutés entre 1996 et 2014. Parmi eux, 63 présentaient un trouble lié au jogo do bicho, une loterie illégale brésilienne. Les autres présentaient un trouble lié à d’autres formes de jeu.
Il s’agit d’un échantillon de patients, qui ne représente pas la fréquence du problème dans l’ensemble de la population brésilienne. Il témoigne néanmoins d’une addiction liée à un jeu illégal avant la loi de 2018.
Ces études montrent que l’addiction aux jeux d’argent existait avant la légalisation des paris au Brésil. Pour déterminer si le problème s’est ensuite étendu ou aggravé, il faut comparer l’exposition au jeu, la participation, les pertes et les symptômes à l’aide de mesures équivalentes.
Quelle est la prévalence des problèmes de jeu au Brésil ?
Pour interpréter un pourcentage national, il faut savoir quelle population est représentée, sur quelle période les symptômes ont été évalués et avec quels critères. Le tableau compare deux enquêtes menées à des époques différentes. LENAD III est la troisième édition de l’enquête nationale brésilienne sur l’alcool et les drogues ; les résultats présentés ici concernent le jeu.
| Enquête | Échantillon analysé | Résultat | Mesure utilisée |
|---|---|---|---|
| Données de 2005–2006, publiées en 2010 | 3 007 personnes âgées de 14 ans ou plus | 1,0 % | Jeu pathologique au cours de la vie, selon des critères fondés sur le DSM-IV. |
| LENAD III : résultats de référence pour 2023 ; rapport publié en 2025 | 4 860 personnes âgées de 14 ans ou plus dans le volet consacré au jeu | 0,8 % | Jeu problématique au cours des 12 derniers mois, score PGSI ≥ 8. Intervalle de confiance à 95 % : de 0,5 % à 1,3 %. |
Le PGSI est un outil de repérage qui évalue la gravité des problèmes liés au jeu. Le classement dans la catégorie du jeu problématique signale un besoin de prise en charge, mais ne correspond pas à un diagnostic clinique individuel pour chaque participant concerné.
L’enquête générale du LENAD III comptait 16 608 participants. Pour les chiffres sur le jeu présentés dans le rapport, l’échantillon pertinent est de 4 860. L’enquête générale a été menée entre 2022 et 2024, avant le régime fédéral entré en application en 2025.
Pourquoi 1,0 % et 0,8 % ne démontrent-ils pas une baisse ?
Un résultat porte sur l’ensemble de la vie ; l’autre, sur les 12 derniers mois. Les outils et les critères d’évaluation ont également changé. C’est comme comparer des photographies prises avec des cadrages différents : toutes deux montrent quelque chose d’utile, mais leur différence ne mesure pas directement une évolution. Calculer une baisse à partir de ces pourcentages donnerait à la comparaison une précision qu’elle n’a pas.
Que montrent les enquêtes d’ANBIMA auprès des joueurs ?
ANBIMA, l’association brésilienne des acteurs des marchés financiers et de capitaux, apporte un autre éclairage. Son indice adapté de propension à l’addiction a classé 10 % des joueurs dans la catégorie du jeu problématique en 2024, contre 11 % en 2025. L’écart est d’un point de pourcentage. Dans les mêmes résultats, la catégorie du risque modéré est passée de 26 % à 28 %.
Ce signal mérite qu’on s’y attarde. Ces pourcentages concernent les personnes qui jouent et reposent sur un indice propre à ANBIMA, adapté du PGSI. Ils ne représentent pas la prévalence du trouble dans l’ensemble de la population brésilienne. Comparer les deux éditions de l’enquête ne permet pas non plus de distinguer l’effet de la régulation des autres changements survenus pendant cette période.
Ces résultats doivent aussi nourrir le débat sur la régulation : quelles mesures pourraient réduire les dommages chez les personnes qui jouent ?
Une addiction plus visible est-elle plus fréquente ?
Une meilleure reconnaissance du trouble, une meilleure information sur les services disponibles et une hausse des demandes d’aide peuvent faire augmenter les chiffres enregistrés. Cette question mérite donc d’être étudiée. Il faut notamment distinguer une meilleure détection d’une hausse réelle des problèmes de jeu.
Les services de santé peuvent enregistrer davantage de consultations parce qu’ils repèrent mieux le problème, rendent leurs services accessibles à un public plus large ou reçoivent davantage de personnes ayant développé des problèmes de jeu. Ces explications peuvent se cumuler. Le seul nombre de consultations ne permet pas de déterminer leur poids respectif.
Les études scientifiques exigent elles aussi une lecture attentive. Un article peut analyser des entretiens anciens. Un échantillon peut réunir des personnes avec et sans trouble. Plusieurs publications peuvent utiliser les participants d’une même base de données.
Cette attention au contexte fait aussi partie de mon travail d’analyse de données.
Cinq ans avant et après la loi de 2018
Pour examiner la recherche sur le jeu au Brésil, j’ai constitué un catalogue d’articles présentant des études originales auprès de participants dans le pays. J’ai comparé deux périodes de cinq ans, en me fondant sur la date de première publication : du 12 décembre 2013 au 11 décembre 2018, avant la loi, et du 12 décembre 2018 au 11 décembre 2023, après.
Articles de recherche identifiés
Nombre de publications
01020 articles
Somme des tailles d’échantillon
Effectifs des analyses principales
05 00010 000
Comment lire ces chiffres. La somme correspond aux tailles d’échantillon indiquées dans les articles. Elle ne donne ni le nombre de personnes différentes interrogées pendant chaque période, ni le nombre de personnes souffrant d’addiction. La médiane est la valeur centrale des tailles d’échantillon.
| Indicateur du catalogue | Cinq ans avant | Cinq ans après |
|---|---|---|
| Articles de recherche identifiés | 16 | 6 |
| Somme des tailles d’échantillon des analyses principales | 4 453 | 9 310 |
| Taille médiane des échantillons | 242,5 | 413 |
Dans ce catalogue, moins d’articles ont été publiés après la loi, mais la somme de leurs tailles d’échantillon est plus élevée. Deux travaux expliquent une grande partie du total ultérieur : une réanalyse de données portant sur 3 007 participants et une étude sur 5 407 joueurs de loterie. La réanalyse reprend des données d’entretiens menés en 2005–2006. L’autre étude porte sur des clients de loterie.
Un autre exemple est un article publié en 2019 portant sur 368 patients recrutés entre 2006 et 2015. L’article a été publié après la légalisation, mais les patients avaient été recrutés auparavant.
Dans ce catalogue, les périodes diffèrent à la fois par le nombre de publications et par la somme des tailles d’échantillon. Ces données ne permettent pas d’affirmer que les écarts reflètent une évolution de l’addiction ou un effet de la légalisation. La question de leur lien avec la visibilité et la reconnaissance du problème reste ouverte. Mais la différence entre les chiffres est bien visible.
Quelles protections la régulation peut-elle imposer ?
La régulation impose des obligations aux entreprises et donne aux autorités les moyens de les faire respecter. Une autorisation peut contribuer à protéger les utilisateurs si elle impose des obligations contrôlables et prévoit des conséquences en cas de manquement.
Avant l’interdiction, le cadre brésilien comprenait les dispositions de l’arrêté SPA/MF 1.231/2024 sur le jeu responsable, les droits et devoirs et la publicité. Ce modèle permettait d’exiger des mesures concrètes de protection.
Limites de jeu et auto-exclusion
Les outils proposés permettent de plafonner les dépôts et les mises, tandis que l’historique du compte rend les dépenses plus faciles à suivre. Les utilisateurs doivent pouvoir trouver ces outils et comprendre ce qu’ils limitent.
Une personne peut continuer à jouer sur une autre plateforme après avoir demandé son exclusion de la première. Le dispositif d’auto-exclusion centralisée a été conçu pour bloquer l’accès aux opérateurs couverts par le système. Une demande d’auto-exclusion a ainsi une portée plus large, même si elle ne s’étend pas automatiquement aux opérateurs illégaux.
Proposer un outil n’est qu’une première étape : il faut aussi vérifier qu’il fonctionne.
- L’auto-exclusion est-elle respectée ?
- Dans quel délai est-elle appliquée ?
- Les personnes accèdent-elles aux soins dont elles ont besoin ?
Ces résultats en disent davantage sur la protection réelle que la simple présence d’un bouton.
Repérage du risque, intervention et protection des mineurs
Les règles prévoyaient également le suivi des comportements à risque ainsi que des mesures à prendre par l’opérateur en cas de risque. Elles interdisaient aussi l’accès aux mineurs. L’activité commerciale était soumise à des obligations dont les autorités pouvaient contrôler le respect.
Repérer un comportement à risque doit conduire à des mesures concrètes de protection. Quelles situations déclenchent une intervention ? Qui vérifie qu’elle a bien eu lieu ? Comment le joueur est-il accompagné ?
Publicité et responsabilité des opérateurs
Le cadre réglementaire permettait de tenir les entreprises responsables de la publicité abusive ou trompeuse diffusée par leurs partenaires sous contrat, y compris les influenceurs. L’opérateur pouvait donc être tenu responsable des publicités diffusées pour son compte.
C’est l’un des principaux avantages de la régulation : imposer des obligations concrètes de protection et pouvoir en contrôler le respect. Encore faut-il repérer les infractions et agir en conséquence. Les mises en garde perdent de leur force lorsque les pratiques commerciales encouragent des comportements qui aggravent les dommages.
Des données pour le contrôle
Le cadre réglementaire donnait aussi aux autorités accès aux systèmes et aux données des opérateurs. Cet accès permettait de vérifier le respect des règles et de demander des explications aux responsables.
Le respect des obligations doit faire l’objet d’audits. Les indicateurs de protection doivent également permettre au public d’évaluer les résultats, dans le respect de la vie privée des utilisateurs.
Ce qui doit s’améliorer dans la régulation
Disposer de dispositifs de protection ne suffit pas à garantir leur mise en œuvre. En mai 2025, le Tribunal des comptes de l’Union du Brésil (TCU) a relevé des faiblesses dans la coordination gouvernementale, les indicateurs, les campagnes et la protection des personnes vulnérables. L’audit a également signalé une possible sous-estimation du nombre de prises en charge. Ce diagnostic doit guider l’évaluation des mesures adoptées ensuite.
Les conditions d’accès au jeu comptent aussi. Dans une campagne de juillet 2026, le ministère de la Santé a souligné que les plateformes étaient disponibles en permanence et que certaines fonctionnalités pouvaient encourager des sessions plus longues et un usage répété. La facilité d’accès et l’exposition à la publicité doivent faire partie de l’analyse des facteurs de risque.
De nouvelles initiatives de prise en charge ont également vu le jour. En août 2026, le ministère de la Santé a annoncé une augmentation de la capacité de téléconsultation pour les personnes ayant des problèmes liés aux paris et leurs proches. L’évaluation doit porter sur l’accès réel à ces services, la continuité de la prise en charge et les résultats des traitements.
Progresser exige d’améliorer les pratiques des entreprises, la publicité, les contrôles et les services de santé. La capacité à maîtriser son comportement varie d’une personne à l’autre, en particulier chez celles qui ont déjà perdu le contrôle de leur pratique du jeu.
Régulation, interdiction ou absence de contrôle : qu’est-ce qui change ?
Chaque politique agit différemment sur l’offre de jeu. Le tableau suivant présente ses mécanismes et les risques à surveiller.
| Modèle | Bénéfice possible | Limite ou risque à surveiller |
|---|---|---|
| Régulation avec contrôles | Imposer des protections, obtenir des données et responsabiliser les opérateurs. | L’offre de jeu et la publicité doivent être contrôlées. Les obligations peuvent être mal appliquées. |
| Interdiction | Restreindre l’offre légale et sa publicité pour réduire l’exposition. | Il faut suivre la poursuite du jeu, le recours à d’autres formes de jeu et le passage éventuel à des opérateurs illégaux. |
| Offre de jeu sans contrôle sectoriel effectif | Moins de barrières commerciales pour les opérateurs. | Moins de règles spécifiques de protection dont le respect peut être vérifié. Les initiatives volontaires peuvent être insuffisantes. |
L’interdiction peut réduire l’accès aux produits qu’elle vise. Pour en évaluer les résultats, il faudra vérifier si cette baisse se maintient et comment les comportements évoluent. Les problèmes liés au jogo do bicho au Brésil montrent qu’un jeu illégal peut continuer à causer des dommages.
Un cadre formel liant les autorités, les opérateurs et les utilisateurs permet d’exiger des informations et des mesures de protection. L’efficacité de ces mesures dépend des contrôles et de leur adaptation aux risques de chaque produit.
Il me semble donc plus utile de demander quels mécanismes peuvent protéger la population et comment leurs résultats seront mesurés. Les recettes et le nombre d’entreprises peuvent renseigner sur la taille du marché ; les blocages de sites, sur l’action des autorités. Pour évaluer les effets sur la santé, il faut d’autres indicateurs.
Comment évaluer une politique sur les jeux d’argent
Pour évaluer la régulation ou l’interdiction, je propose quatre questions.
- Les dommages ont-ils diminué ? Mesurer la perte de contrôle, les difficultés financières et les répercussions familiales et professionnelles avec des outils comparables.
- Les personnes les plus vulnérables sont-elles protégées ? Vérifier l’accès des mineurs, l’exposition à la publicité et le fonctionnement des contrôles.
- Les personnes qui ont besoin d’aide accèdent-elles aux soins ? Mesurer l’accès aux soins, les délais, leur continuité et les résultats du traitement, y compris le soutien aux proches.
- Les opérateurs sont-ils contrôlés et les protections respectées ? Observer le respect des limites et de l’auto-exclusion, la réponse aux infractions et le recours aux opérateurs illégaux.
Pour répondre, il faut des données recueillies au fil du temps. Une évolution des chiffres enregistrés peut refléter moins de problèmes ou des changements dans la détection et les demandes d’aide. L’interprétation est plus solide lorsqu’elle combine enquêtes en population générale, données des services de santé et informations sur l’offre de jeu.
Je défends une régulation qui impose des limites, contrôle les pratiques et responsabilise les opérateurs. Ses résultats en matière de protection des personnes doivent pouvoir être vérifiés.
Étudier le rôle de la visibilité peut aider à orienter la prévention et les soins. L’évaluation des politiques doit donner la priorité aux personnes concernées.
Quelles mesures vous semblent indispensables pour protéger les personnes des dommages liés au jeu ?
Où trouver de l’aide. Au Brésil, les personnes ayant des problèmes liés aux paris et leurs proches peuvent s’adresser à un centre de santé de proximité (UBS) ou à un centre de prise en charge psychosociale (CAPS). Le ministère de la Santé explique également comment accéder aux téléconsultations via Meu SUS Digital.
Questions fréquentes
Les paris sont-ils interdits au Brésil ?
Oui. La mesure provisoire 1.394/2026 a interdit l’exploitation, l’offre, l’intermédiation et la publicité des paris à cote fixe au Brésil, y compris les paris sportifs et les jeux en ligne couverts par la mesure. Les autres formes de loterie autorisées par la loi sont maintenues.
La mesure est en vigueur, mais doit être approuvée par la Chambre des députés et le Sénat pour devenir une loi. Consulter l’explication de la Chambre des députés.
Qui a légalisé les paris au Brésil ?
La loi 13.756/2018 a créé la catégorie des paris sportifs à cote fixe. Elle a été promulguée par Michel Temer, alors président. La loi 14.790/2023 a précisé le cadre réglementaire. Le régime fédéral d’autorisations est entré en application en janvier 2025.
L’addiction au jeu existait-elle avant la légalisation ?
Oui. L’enquête nationale de 2005–2006 et les études cliniques antérieures à 2018 avaient déjà documenté le jeu pathologique et le trouble du jeu au Brésil.
La légalisation a-t-elle augmenté l’addiction ?
Les études présentées n’isolent pas l’effet de la loi. Pour répondre, il faudrait comparer des mesures équivalentes au fil du temps et tenir compte d’autres changements, comme l’offre de jeu en ligne, la publicité et l’accès aux soins. L’existence du trouble avant la légalisation ne prouve pas non plus que sa fréquence soit restée la même.
Quel pourcentage de la population brésilienne présente des problèmes de jeu ?
Le rapport du LENAD III estime que 0,8 % des personnes âgées de 14 ans ou plus sont classées dans la catégorie du jeu problématique selon le PGSI, sur les 12 derniers mois. Ce résultat repose sur un outil de repérage et couvre différentes formes de jeu, pas uniquement les paris à cote fixe.
Interdire les paris supprime-t-il l’addiction ?
L’interdiction restreint l’offre qu’elle vise. Ses effets sur les dommages doivent être suivis en tenant compte des autres formes de jeu, des opérateurs illégaux et de l’accès au traitement. Les personnes qui ont déjà des problèmes continuent d’avoir besoin de soins.
Qu’est-ce que le jeu responsable en pratique ?
Dans le cadre réglementaire, le jeu responsable passe par des limites de jeu, l’auto-exclusion, l’information et des interventions en cas de comportements à risque. Ces mesures doivent s’accompagner d’obligations pour les entreprises, de contrôles et d’un soutien aux personnes ayant des problèmes de jeu.
Sources et références
- Tavares et ses collègues, 2010. Gambling in Brazil: Lifetime prevalences and socio-demographic correlates. Données de l’enquête nationale de 2005–2006.
- UNIFESP/INPAD, rapport du LENAD III sur le jeu, 2025. Méthodologie du volet consacré au jeu et tableau 6, p. 39.
- ANBIMA, Raio X do Investidor, édition 2026. Comparaison de l’indice adapté entre 2024 et 2025.
- Medeiros et ses collègues, DOI de 2015, numéro publié en 2016. Étude clinique sur le jogo do bicho et d’autres formes de jeu.
- Carneiro et ses collègues, première publication en 2019. Nouvelle analyse de l’enquête nationale de 2005–2006.
- Kim et ses collègues, première publication en 2022. Étude portant sur 5 407 joueurs de loterie.
- Cowie et ses collègues, 2019. Analyse de patients recrutés entre 2006 et 2015.
- Loi 13.756/2018, Loi 14.790/2023 et Mesure provisoire 1.394/2026.
- SPA, législation sur le jeu responsable, outils de protection et exigences techniques.
- Service d’auto-exclusion centralisée.
- Ministère des Finances, communiqué sur la publicité abusive, 2024.
- TCU, évaluation des mesures de prévention, mai 2025.
- Ministère de la Santé, campagne de juillet 2026 et développement des téléconsultations, août 2026.
- Ministère de la Santé, définition du trouble et accès aux soins. Informations sur les UBS, les CAPS et les téléconsultations via Meu SUS Digital.
Le catalogue réunit 22 articles présentant des études originales auprès de participants au Brésil, classés selon leur date de première publication dans les deux périodes de cinq ans décrites dans le texte.
Voir la liste complète des 22 études
- Gambling onset and progression in a sample of at-risk gamblers from the general population. DOI: 10.1016/j.psychres.2014.01.035
- Pathological gambling subtypes: A comparison of treatment-seeking and non-treatment-seeking samples from Brazil and Canada. DOI: 10.1016/j.addbeh.2014.03.006
- Gambling disorder in older adults: A cross-cultural perspective. DOI: 10.1016/j.comppsych.2014.12.021
- Gambling Disorder Due to Brazilian Animal Game (“Jogo do bicho”): Gambling Behavior and Psychopathology. DOI: 10.1007/s10899-015-9527-0
- A naturalistic study of recovering gamblers: What gets better and when they get better. DOI: 10.1016/j.psychres.2015.03.003
- Mapping brain volumetric abnormalities in never-treated pathological gamblers. DOI: 10.1016/j.pscychresns.2015.04.001
- Electronic gaming machines and gambling disorder: A cross-cultural comparison between treatment-seeking subjects from Brazil and the United States. DOI: 10.1016/j.psychres.2015.09.032
- A cross-cultural study of gambling disorder: a comparison between women from Brazil and the United States. DOI: 10.1590/1516-4446-2015-1718
- Topiramate Combined with Cognitive Restructuring for the Treatment of Gambling Disorder: A Two-Center, Randomized, Double-Blind Clinical Trial. DOI: 10.1007/s10899-016-9620-z
- Development and validation of Gambling Follow-up Scale Self Report. DOI: 10.1590/1516-4446-2016-1911
- Assessing the Relationship between Disordered Gamblers with Psychosis and Increased Gambling Severity: The Mediating Role of Impulsivity. DOI: 10.1177/0706743717730825
- Who Are the Anonymous? Involvement and Predictors of Gamblers Anonymous Attendance Among Disordered Gamblers Presenting for Treatment. DOI: 10.1007/s10899-018-9774-y
- Demographic, psychiatric, and personality correlates of adults seeking treatment for disordered gambling with a comorbid binge/purge type eating disorder. DOI: 10.1002/erv.2606
- Comorbid addictive behaviors in disordered gamblers with psychosis. DOI: 10.1590/1516-4446-2017-2307
- The impact of an exercise program as a treatment for gambling disorder: A randomized controlled trial. DOI: 10.1016/j.mhpa.2018.07.003
- Gambling-related cognitive distortions mediate the relationship between depression and disordered gambling severity. DOI: 10.1016/j.addbeh.2018.11.038
- Demographic and psychiatric correlates of compulsive sexual behaviors in gambling disorder. DOI: 10.1556/2006.8.2019.35
- Gender Differences in Gambling Exposure and At-risk Gambling Behavior. DOI: 10.1007/s10899-019-09884-7
- Gambling disorder and comorbid behavioral addictions: Demographic, clinical, and personality correlates. DOI: 10.1016/j.psychres.2020.112763
- Uncovering Underlying Processes Before Illusion of Control Begins in Gambling Disorder: A Pilot Study. DOI: 10.1007/s10899-020-09947-0
- Neuroimaging of Dopamine Transporter Density in the Striatum of Disordered Gamblers. DOI: 10.1007/s10899-021-10100-8
- Examining the Gambling-Related Harms, Gambling Disorder, and Player Characteristics of Jogo do Bicho (an Illegal National Lottery) in a Representative Sample of Brazilian Lottery Players. DOI: 10.1007/s11469-022-00865-3